Poverty at workplace

  • La tension qui s’exerce sur les revenus en raison du déclin de l’activité économique aura des effets dévastateurs sur les travailleurs qui sont proches ou en-dessous du seuil de pauvreté.Les effets du virus sur la croissance utilisée pour les estimations de chômage ci-dessus suggèrent qu’il pourrait y avoir 8,8 millions de travailleurs pauvres de plus dans le monde que prévu à l’origine (c’est-à-dire un recul global de 5,2 millions de travailleurs pauvres en 2020 contre un recul estimé à 14 millions avant le COVID-19). Dans le cadre des scénarios moyen et pessimiste, il y aurait entre 20,1 et 35,0 millions de travailleurs pauvres de plus que dans l’estimation faite pour 2020 avant le COVID-191

Qui sont les plus vulnérables?

  • Les épidémies et les crises économiques peuvent avoir un impact disproportionné sur certains segments de la population, ce qui peut provoquer une aggravation des inégalités2.  En fonction de l’expérience passée, des informations dont nous disposons actuellement sur la crise du COVID-19 et des réflexions sur les crises précédentes, on peut identifier plusieurs groupes:
  • Les personnes ayant des problèmes de santé sous-jacents et les personnes âgées ont le plus fort risque de développer de graves problèmes de santé.

La dame en charge de deux petits-fils touchés par la crise à corona virus

  • Les jeunes, qui connaissent déjà de forts taux de chômage et de sous-emploi, sont plus vulnérables à la baisse de la demande de main-d’œuvre, comme l’a montré la crise financière mondiale. Les travailleurs âgés peuvent aussi souffrir de fragilité économique. Après l’épidémie de MERS, on a constaté que les travailleurs âgés étaient davantage susceptibles que les individus d’âge très actif de connaître des taux plus élevés de chômage et de sous-emploi, ainsi qu’une réduction des heures travaillées.3
  • Les femmes sont surreprésentées dans les secteurs les plus touchés (comme les services) ou dans les professions qui sont en première ligne pour gérer l’épidémie (les infirmières par exemple). L’OIT estime qu’à travers le monde 58,6 pour cent des employées travaillent dans le secteur des services, contre 45,4 pour cent des hommes. Les femmes ont aussi moins accès à la protection sociale et vont assumer une part disproportionnée de l’économie des soins, en cas de fermeture des écoles ou des systèmes de garde (OIT, 2018).4
  • Les travailleurs non protégés, dont les travailleurs indépendants, les travailleurs précaires et ceux de l’économie des petits boulots, risquent d’être frappés de manière disproportionnée par le virus puisqu’ils n’ont pas accès aux dispositifs de congé maladie et de congés payés, et sont moins protégés par les mécanismes conventionnels de protection sociale et autres formes de stabilisation des revenus.

Une jeune dame portefeuille au grand marché de Lomé

  • Les travailleurs migrants sont particulièrement vulnérables aux répercussions de la crise du COVID-19 qui entravent à la fois leur capacité à rejoindre leur lieu de travail dans les pays de destination et à rentrer dans leurs foyers.
Ces estimations sont incertaines dans la mesure où l’on ne sait pas vraiment comment les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire seront affectés. Si le virus affecte ces économies de la même manière, l’incidence sur la pauvreté au travail sera beaucoup plus forte.
 Voir par exemple Lee, A. et J. Cho, 2016. The impact of epidemics on labor market: Identifying victims of the Middle East Respiratory Syndrome in the Korean labour market. International Journal for Equity in Health. 2016; 15: 196
 Lee and Cho 2016 (ibid).
 Key lessons from previous crises, including the GFC and SARS/MERS are outlined in Annex II.ƒimg
2021-09-24T15:33:51+00:00
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